- Il va falloir régler le problème Anderson... annonça la directrice d'une voix claire.
- Je suis là... souffla la concernée mais personne ne sembla l'entendre.
- Vous avez sûrement raison Mme Adélaïde... Mais pourquoi ? Cecilia est une jeune fille vraiment gentille... s'exclama Daisy en remplissant sa tasse de thé et en revenant s'asseoir sur le sofa.
- Cecilia est une jeune fille adorable et pleine de vie, c'est vrai, mais on ne peut plus continuer comme ça ! Elle s'enfuie sans arrêt... soupira Mme Adélaïde.
- Je suis toujours là ! rappela la jeune fille en grognant.
- Désolée, Cecilia ! s'exclamèrent les deux femmes en se tournant vers l'adolescente.
- Ce n'est rien... déclara la concernée d'un ton las. Je peux m'en aller maintenant ?
- Je ne te retiens pas ! répondit la directrice en souriant.
- Merci ! s'empressa de dire la jeune fille puis elle se rua à l'extérieur du bureau de la directrice.
Thomas, Maxwell et Ethan l'attendaient devant la porte. Elle les rejoignit et ils se rendirent dans le parc de l'établissement.
Cecilia était âgée de seize ans et avait de longs cheveux blonds vénitiens bouclés qui lui tombaient au creux des reins. Ses cheveux encadraient parfaitement son visage et faisaient ressortir ses yeux verts d'eau. Thomas quant à lui avait dix-neuf ans, il était grand - presque le double de Cecilia - et avait des cheveux foncés. Ses yeux étaient d'un bleu profond qui faisait fondre toutes les filles du pensionnat. Maxwell, dix-sept ans, était plus petit que Thomas mais mesurait tout de même dix centimètres de plus que Cecilia. Il avait des cheveux bruns constamment décoiffés et des yeux tout aussi bruns. Puis il y avait Ethan. Il n'avait que treize ans et les trois autres le considérait comme leur petit frère. Il avait des cheveux blonds et des yeux d'un brun vraiment foncé. Il faisait à peu près la même taille que Cecilia même si ils avaient trois ans d'écart.
C'était leur bande, c'était eux.
Pensionnaires aux Cerisiers depuis leur enfance. Les premiers à avoir débarqué et toujours présents.
- On fait quoi aujourd'hui ? demanda Maxwell qui lançait des cailloux dans une flaque d'eau.
- Laisse donc ces pauvres cailloux tranquilles... soupira Thomas en donnant une claque derrière la tête de son ami.
- Cessez donc ce grabuge ! ordonna Cecilia en prenant une voix perchée et un air de duchesse.
- Mes excuses mon altesse ! s'empressa de répondre Thomas. Son altesse voudrait-elle aller faire une blague à Sir August ?
- Avec plaisir ! ricana la jeune fille en perdant sa voix et son air de duchesse.
- Son altesse a perdu tout son charme... nota Maxwell avec un sourire en coin. Ils se levèrent donc et marchèrent en direction de la bibliothèque.
August était un bon élève. Le premier de sa classe, d'ailleurs. La même classe dont faisait partit Cecilia.
August n'était pas moche. Grand, fin, cheveux blonds bien coiffés et yeux gris cachés derrière une paire de lunettes, il avait son charme. Mais tout le monde le traitait de fayot et donc personne ne l'approchait sauf pour lui demander les réponses à un devoir ou se moquer de lui.
Cecilia aimait bien lui faire des blagues mais en toute sympathie et August le savait.
Alors qu'ils se rendaient à ladite bibliothèque, ils croisèrent une jeune fille inconnue.
Elle était assez grande avec des cheveux blonds clair et de jolis yeux verts. Elle portait l'uniforme du pensionnat et avait à la main la sacoche assortie. Elle lança un regard bref sur les quatre autres avant de tourner au fond du couloir en direction du bureau de la directrice.
- Quelle pimbêche ! s'exclama Cecilia en roulant des yeux.
- Je croyais que tu traitais les nouvelles de "filles stupides et incompétentes" et pas de "pimbêches" ! ricana Maxwell en donnant un coup de coude dans les côtes de la rousse.
- Tais-toi Max. Je réfléchis ! informa l'adolescente avant de se jeter à terre sur le ventre et de ramper jusqu'à l'autre bout du couloir. Elle se glissa sous la banquette placée là pour attendre et tenta d'écouter les conversations provenant de l'intérieur. Après dix minutes, elle sortit de sa cachette et retourna vers ses amis qui jouaient à pierre, papier, ciseaux.
- Elle s'appelle Sophia Maria Grace Burrey, fille du grand Alphonso Burrey grand dirigeant de la chaîne des mannequins, lingeries, et autres articles, Burrey.
- Ouais, une pimbêche quoi ! marmonna Thomas en souriant à la jeune fille.
- J'ai inventé un jeu !
- Quoi donc ?
- Il s'appelle "Qui arrivera à faire ami-ami avec Sophia Burrey ?" et je vais gagner !
- Quelles sont les règles ?
- Tu deviens ami avec notre chère Sophia Burrey et tu gagnes... On verra ça plus tard !
- Je suis partant ! lança Maxwell.
- Idem ! ajouta Thomas. Il se tourna vers Ethan et ce dernier hocha de la tête.
En effet, Ethan était muet. Pas muet de naissance, non. Mais muet tout de même. C'est pour cela que les autres faisaient encore plus attention à lui. Ils le protégeaient contre tout ceux qui auraient voulu se moquer de lui et Ethan leur en était souvent reconnaissant.
Quand ils arrivèrent enfin à la bibliothèque, August était adossé à une étagère. Une pile de livres dans une main, coincée contre son bras, et un petit livre dans l'autre.
- August ! s'exclama Cecilia en s'approchant de lui, rayonnante. Ça va bien ?
- Oui... Je crois... marmonna l'adolescent sans lâcher son livre du regard.
- Oh, quelque chose te chagrine ? continua Cecilia en prenant une moue triste.
- Non non ! Ne t'inquiète pas pour moi Cecilia.
- Oh, appelle moi Lia ! On est amis, non ?
- A-amis ? demanda August en relevant brusquement le nez de son livre.
- Bien sûr ! Ça fait bien quelques années qu'on se connaît !
- On peut se connaître sans être amis...
- Mais non ! Et sinon, tu as vu la nouvelle ?
- Une nouvelle ?
- Ouais, une nouvelle... et comme pour appuyer sur ses paroles, Sophia Burrey entra dans la bibliothèque. La nouvelle ! s'excita Cecilia en sautillant partout après avoir pointé du doigt ladite nouvelle.
- Où sont passées tes manières ? réprimanda Thomas qui, au fond, se retenait de rire devant l'attitude de son amie.
- Oups, désolée ! Bref, August tu veux jouer avec nous ?
- A quoi ?
- A "Qui arrivera à faire ami-ami avec Sophia Burrey ?" bien sûr !
- Je suis partant ! Qu'est-ce qu'on gagne ?
- Je ne sais pas encore... Tom, une idée ? le concerné réfléchi deux minutes avant de sourire.
- Oui, et je suis sûr que vous allez adorer !
- Ouais ! s'écria Cecilia. Sûrement trop fort car après ça, ils se firent tous sortir de la bibliothèque.
Sophia Burrey. Ce nom retenait toute l'attention du quatuor. Cecilia se demandait comment elle réussirait à devenir "amie" avec cette fille tandis que Thomas se demandait pourquoi le grand Burrey aurait envoyé sa fille ici. De son côté, Maxwell trouvait la susnommée Sophia Burrey absolument craquante et était déterminé à gagner le jeu de Cecilia. Ethan quant à lui s'en fichait un peu de cette "pimbêche". Tout ce qui lui importait, c'était d'être avec Cecilia et Thomas. Maxwell était aussi son ami mais les deux autres l'avaient directement prit sous leurs ailes.
- Oh regardez ! s'exclama Cecilia avec un grand sourire. Ma meilleure amie est là-bas ! les garçons eurent juste le temps de tourner la tête que la petite rousse sautillait déjà jusqu'à Sophia.
- Salut, je m'appelle Cecilia ! se présenta la jeune fille à la nouvelle.
- Enchantée, je m'appelle... commença la jolie blonde mais la cadette la coupa.
- Sophia Burfey ! Je le sais déjà !
- Et comment ça se fait ? demanda la jeune fille à Cecilia.
- Je sais tout sur tout le monde ! Je suis l'ancêtre des Cerisier !
- Ah, je vois... Narcissique, égocentrique et sans-gêne en plus...
- Je ne te permet pas ! s'énerva la petite rousse en plantant son regard dans celui de l'autre jeune fille. À ce moment là, Thomas, Maxwell et Ethan déboulèrent dans le couloir. Cecilia les vit et se tourna vers l'aîné.
- Tom ! Cette pimbêche m'as traitée de fille narcissique, égocentrique et sans-gêne !
- Lia, calme toi... murmura doucement le garçon en souriant à son amie. Sophia, c'est bien ça ? la jeune fille acquiesça. Cecilia est tout sauf ce que tu as dit. C'est une fille géniale et...
- Et si tu l'embête encore, on va te faire souffrir ! s'exclama Maxwell en brandissant son poing.
- Max ! réprimanda Thomas en donnant une claque derrière la tête du concerné. Désolé pour ces deux là... Ils sont parfois insupportables mais on s'y habitue vite... Sophia se rapprocha du garçon et fit un grand sourire.
- Tu ne voudrais pas me montrer les environs, Tom ?
- Eh ! Ne l'appelle pas Tom ! s'énerva Cecilia.
- J'ai le droit de l'appeler comme je veux. Ce n'est pas parce que tu es "l'ancêtre des Cerisiers" que tu as le droit de me commander ! déclara Sophia d'une voix sèche et posée.
- Je vais voir Aussie ! s'exclama Cecilia en tournant les talons.
- Je te conseille de ne pas t'embrouiller avec Cecilia, elle peut être terrible. Ah, et ne m'appelle pas "Tom"... dit le garçon qui avait perdu son sourire puis il partit rejoindre Cecilia, suivit de Maxwell et Ethan.
Ils étaient assis au bord de la petite mare et paressaient. Thomas était adossé contre le vieux saule pleureur et lisait un roman tandis que Maxwell faisait ses devoirs. De leur côté, Cecilia racontait des histoires de voyages et d'aventures lointaines à Ethan qui arborait un large sourire.
Et puis il y avait Aussie qui écoutait de la musique d'une oreille et observait le ciel.
Aussie était une jolie brune de dix-sept ans aux yeux vairons qui souriait constamment. Elle passait souvent du temps avec le quatuor et était amoureuse de Thomas.
- Aussie ?
- C'est moi... répondit la brunette sans bouger les yeux du ciel.
- Tu la trouve comment la nouvelle ?
- Sophia Maria Grace Burrey ?
- Ouais.
- Je suis sûre que sous ses airs de princesses pourrie-gâtée, elle est super. Chacun son avis après tout...
- Je suis d'accord avec toi, ajouta Thomas en souriant à la brunette. Cette dernière eut un grand sourire, encore plus grand qu'habituellement, et rougit légèrement. Cecilia le remarqua mais elle ne commenta pas. La plupart des filles du pensionnat, elle le savait, trouvaient Thomas magnifique. Certes, il était beau mais pour elle, c'était juste son meilleur ami et son grand frère. Il était arrivé à peine deux semaines après elle. Pendant deux semaines, elle avait été perdue et seule avec Daisy et Mme Adélaïde. Alors quand Thomas était arrivé, malgré qu'ils aient trois ans de différence, ils s'étaient tout de suite attachés l'un à l'autre. Après eux, il y avait eu Maxwell, Aussie, August, Ethan et puis les autres pensionnaires.
Alors que la jeune fille aux cheveux blonds vénitiens commençait à s'endormir à l'ombre du saule, elle sentit une main remettre ses cheveux en place et frôler sa joue mais elle ne parvint pas à distinguer de qui il s'agissait et elle tomba dans les bras de Morphée.
À son réveil, elle se retrouva dans sa chambre, enroulée dans son duvet. Elle se mit en position assise dans son lit et vit qu'Aussie était assise devant son bureau et travaillait sur un quelconque devoir.
- Comment je suis arrivée là ? demanda Cecilia à son amie.
- Tom t'as portée jusqu'ici. Il est gentil Tom... répondit la jeune fille, sur le ton de la rêverie.
- Ne l'appelle pas Tom !
- Désolée... s'excusa la brunette. Elle les connaissaient depuis longtemps et pourtant, elle oubliait tout le temps que la seule personne autorisée à appeler Thomas par ce surnom était Cecilia.
- Ce n'est rien ! s'empressa d'ajouter la jeune fille de peur d'avoir vexée Aussie.
- On va manger ? proposa la cadette à son amie.
- Allons-y ! Les garçons y sont sûrement déjà...
- On est tout le temps en retard de toute façon...
- Parle pour toi ! rigola Aussie en sortant de la chambre qu'elles partageaient.
Quand elles arrivèrent à la salle à manger, tout le monde se tourna vers elles. D'abord parce qu'elles étaient en retard et ensuite parce qu'il s'agissait de Cecilia Anderson et Aussie Maunner. Elles rejoignirent les garçons à leur table habituelle où les attendaient deux assiettes encore chaudes.
Les tables étaient organisées par tranches d'âges sauf pour Cecilia, Thomas, Maxwell, Aussie et Ethan qui avaient leur propre table.
Ce soir là c'était hachis parmentier. Cecilia n'aimait pas trop ça alors elle donna sa part à Ethan qui la dévora.
Après avoir mangé, les pensionnaires avaient une demie heure de temps libre avant de devoir aller dormir. Les chambres étaient elles aussi organisées par tranches d'âges. Les plus âgés (de vingt à seize ans) étaient tout en haut, au quatrième étage. En dessous, il y avait les plus jeunes (de quinze à onze ans) puis encore en dessous, tout les cadets (de dix à six ans) étaient regroupés. Au premier étage, il y avait la "nurserie" et la chambre de Daisy.
Les dortoirs étaient répartis dans l'aile droite du pensionnat. Dans l'aile gauche, se trouvaient les salles de classe, le bureau de Mme Adélaïde et la salle de sport. Enfin, dans la partie principale, étaient regroupées la bibliothèque, la salle d'informatique, les quatre salles de bains et les quatre salles de repos.
Devant le bâtiment, il y avait un parc assez vaste avec un bout de forêt, une petite mare et une place de jeux pour les plus jeunes. Une longue allée menait à l'autre côté du parc où se trouvait la route qui rejoignait la ville la plus proche.
Cecilia connaissait le pensionnat et ses environs comme sa poche pour y avoir passé la majeur partie de sa vie. En effet, ses parents, James et Hannah Anderson, l'avaient confiée à Mme Adélaïde alors qu'elle venait d'ouvrir "le pensionnat des Cerisiers, pour enfants fortunés". Cecilia n'avait que trois ans et depuis ce jour là, elle n'avait plus jamais vu ses parents à part dans les magazines et à la télé.
Thomas était le fils d'une grande actrice connue, Angelina Finnegan, qu'il voyait seulement aux fêtes de fin d'année et parfois à son anniversaire.
Maxwell était né de l'union de Harry Settle et de sa maîtresse, Helena Turner. Mme Settle ayant apprit la nouvelle, avait demandé à son époux de prendre en charge l'éducation du bambin et de veiller sur lui. Harry Settle avait donc reconnu l'enfant et l'avait envoyé, avec l'accord de sa mère, au pensionnat des Cerisiers.
La situation d'Ethan différait des autres. Le jeune garçon était le troisième fils d'un riche héritier travaillant dans les chemins de fer. Mais il était aussi la cause d'un grand malheur et le mouton noir de sa famille.
Au pensionnat, personne n'avait jamais su comment il était devenu muet et les gens préféraient ne pas le lui demander. Ethan n'avait plus de mère et ça aussi, c'était un mystère pour ses amis.
Les frères d'Ethan étant plus vieux, leur père ne les avaient pas envoyés aux Cerisiers et avait donc "abandonné" son fils aux bons soins de Mme Adélaïde et Daisy.
Et puis il y avait Aussie. Elle était destinée à une vie heureuse avec ses parents aimants et sa sœur cadette jusqu'à ce qu'ils décèdent tragiquement dans un terrible accident de la route. Sa tante hérita de toute la fortune des Maunner et envoya Aussie au pensionnant sans se soucier plus de sa nièce devenue orpheline. Aussie détestait sa tante mais elle ne parlait jamais de ça et les gens la comprenait. C'était un groupe d'adolescents aux vies tragiques et désœuvrées mais qui se soutenaient en silence.
Dans le pensionnat, tout le monde respectait Cecilia malgré son caractère quelque peu aventureux, les gens l'aimaient bien. Mais il y avait ce groupe de filles. Toutes des enfants de grandes stars de cinéma ou des plus grands PDG du monde, elles haïssaient plus que tout Cecilia.
Premièrement, parce que tout le monde l'appréciait.
Deuxièmement, parce qu'elle traînait tout le temps avec Thomas Finnegan.
Troisièmement, parce qu'elle était assez jolie alors qu'elles, devaient faire des efforts.
C'était de la jalousie pure et dure mais ces filles là s'en fichait pas mal.
Elles voulaient être Cecilia Anderson.
- Lia ? demanda le garçon en se couchant près de la jeune file.
- C'est moi... Je crois...
- Pourquoi tu t'es enfuie cette fois ?
- Holly Vander m'a énervée...
- Vander est une peste. Ça sert à rien de partir pour ça, d'autant plus qu'il est plus de dix-huit heures et qu'on est à deux heures du pensionnat...
- Tu es venu comment ?
- En vélo... soupira Thomas en s'étalant un peu plus sur l'herbe. Et sinon, comment avance ta quête ?
- Ma quête ?
- "Qui arrivera à faire ami-ami avec Sophia Burrey", ça avance ?
- Cette pimbêche ? Elle traîne souvent à la bibliothèque, elle passe son temps dans le parc, et elle est dans la même chambre que Merry Lee.
- Tu en sais des choses ! Bon, on devrait commencer à rentrer... proposa Thomas. Il se releva et tendis sa main à Cecilia qui la prit et Thomas monta sur le vélo, Cecilia sur le porte-bagages et ils rentrèrent.
Deux heures plus tard, la pluie s'était abattue sur les deux adolescents et ils rentrèrent au pensionnat, trempés jusqu'aux os et au bord du sommeil. Maxwell, Ethan et Daisy accoururent à leur rencontre munis de grandes couvertures et de parapluies. Ils rentrèrent dans le bâtiment et on les emmena dans la salle de repos du quatrième étage. Aussie leur apporta deux grandes tasses de thé chaud pendant que Daisy mettait du bois dans la cheminée.
- Cecilia, tu vois où arrivent tes âneries ? réprimanda Aussie en fronçant les sourcils.
- Elles vont pas au mulet en tout cas !
Aussie perdait rarement son calme mais quand elle le faisait, il était mieux de ne pas se trouver dans le coin. Alors, quand elle s'énerva contre Cecilia, seul Thomas resta dans la pièce.
- Lia, j'en ai ras-le-bol de tes fugues et de tes bêtises ! On dirait une gamine ! Tu n'as plus six ans bon sang ! Tu en as seize, conduis toi comme tel ! Je suis sûre que même Sophia Burrey et Holly Vander réunies sont moins saoulantes que toi ! s'énerva la brunette.
- Ne m'appelle pas Lia ! déclara simplement la cadette.
- Quoi ? C'est tout ce que ça te fait ? Mais t'es pas possible Cecilia ! et elle appuya bien sur la première syllabe du prénom.
- Aussie... souffla Thomas en s'approchant de la concernée. Ne dis pas de choses que tu pourrais regretter...
- Oh, ça ne risque pas ! Tu as dépassé les bornes Anderson ! À partir de maintenant, on ne se connaît plus. Je pense que tes parents ont fait pareil ! Ils t'ont oubliée, tout simplement ! hurla Aussie avant de quitter la pièce en claquant la porte.
Thomas ne dit rien et s'approcha de Cecilia. Il l'encercla de ses bras et la pressa contre son torse. Ils restèrent dans cette position durant un moment jusqu'à ce que l'adolescente commence à somnoler dans les bras de Thomas.
Quand Cecilia se réveilla, elle était toujours dans la salle de repos mais on lui avait posé une couverture sur le dos et Thomas était assoupi à ses pieds. Et vit que le soleil venait tout juste de pointer son nez. Elle se leva et s'approcha de la fenêtre pour regarder le parc qui baignait dans la rosée puis elle alla réveiller son ami.
- Tom ? murmura-t-elle doucement. Le garçon grogna mais il ouvrit les yeux et sourit.
- Bonjour Lia, bien dormi ?
- Ça va...
- Ne te fais pas de soucis, Aussie ne pensait pas ce qu'elle a dit et je suis persuadé qu'elle s'en veut à mort !
- Je n'en suis pas si sûre... Aussie pense toujours ce qu'elle dit !
- Mais non, ne t'inquiète pas Lia ! Bon, allons nous préparer, on va rater le petit-déjeuner !
Ils se dépêchèrent d'aller dans leurs chambres respectives. Cecilia ne croisa pas Aussie et cela lui fit un pincement au cœur mais elle secoua la tête et se dépêcha de mettre son uniforme.
L'uniforme des Cerisiers était constitué, pour les filles, d'une jupe noire ou saumon avec un chemisier blanc crème, un blazer noir ou saumon, une paire de chaussettes noires et une paire de ballerines noires ou des bottines. Pour les garçons, il était pareil mais le saumon était remplacé par du bleu nuit, un pantalon et un pull ou un polo.
Quand ils arrivèrent dans la salle à manger, il ne restait que quelques retardataires, dont Maxwell et Ethan, mais aucune trace d'Aussie.
- Vous avez vu Aussie ce matin ? demanda Thomas en engloutissant sa tartine de confiture.
- Non. Enfin, on l'a croisée alors qu'on venait manger mais elle nous a juste dit "bonjour"... répondit Maxwell qui semblait vexer. Ethan acquiesça et baissa les yeux sur son assiette.
- Bon, de toute façon vous la verrez en cours, non ?
- Ouais... Et sinon, vous avez bien dormi ?
- On s'est endormis dans la salle de repos...
- On sait ! affirma Maxwell avec un sourire en coin. Il ne put rien rajouter car les cloches sonnèrent, signe d'aller en cours.
Les professeurs ne restaient pas au pensionnat. Ils donnaient leurs cours et s'en allaient après. Il y avait deux classes par tranches d'âges et ils n'avaient pas tous cours en même temps. Les plus âgés commençaient à neuf heures et finissaient à treize heures puis c'était les plus jeunes qui avaient cours de quinze à dix-sept heures. Tout les pensionnaires aimaient ces horaires parce qu'ils avaient congé une partie de la journée et ça les arrangeaient grandement.
Quand Cecilia et Maxwell entrèrent dans leur classe, Aussie était assise à sa place, le nez plongé dans son livre d'anglais.
- Tu ne va pas la voir ? demanda Maxwell, visiblement décontenancé, alors que Cecilia se rendait au fond de la classe, à l'opposé de la brunette.
- De qui tu parles ?
- Bah, à Aussie !
- Je ne connais pas de "Aussie"... En plus c'est un prénom franchement ridicule ! répondit la jeune fille en sortant ses affaires. Alors que les autres élèves entraient en classe, Cecilia remarqua la chevelure blonde de Sophia Burrey.
- Sophia ! l'appela-t-elle avec un grand sourire. Viens ici, cette place est libre ! annonça-t-elle en tapotant la chaise à côté d'elle. La concernée regarda autour d'elle et remarqua, à contre-cœur, que toutes les autres places étaient prises. Elle s'approcha donc de l'autre adolescente qui avait un sourire éclatant plaqué sur le visage.
- Salut... soupira la jolie blonde en sortant ses affaires.
- Ça va pas ?
- Je n'aime pas cet endroit...
- Oh mais tu va t'y habituer !
- Je ne parlais pas du pensionnat, mais de cette place... cassa Sophia. Cela refroidit Cecilia qui ne comprenait pas pourquoi cette fille ne l'aimait pas.
- D'habitude les gens, ils m'aiment bien non ?
- C'est la troisième fois que tu demande... soupira Maxwell. Et oui, les gens t'aiment bien.
- Mais alors pourquoi Sophia Burrey ne m'aime pas ? geignit la jeune fille en se laissant tomber sur le sol frais du couloir, feignant d'être touchée au cœur. Suis-je une si horrible personne ? Devrais-je être moins tyrannique ? Est-ce que je suis un monstre ? Tant de questions qui me tourmentent... Je me sens comme une petite crotte perdue au fond des toilettes ! pleurnicha-t-elle en se cachant le visage. Les trois garçons pouffaient de rire et Thomas s'approcha de Cecilia et lui tendit la main.
- Tiens bon petit caca, je suis le papier toilette et je viens te sauver !
- Oh mon sauveur ! s'exclama la jeune fille, hilare. Les autres élèves les regardaient bizarrement et certains ricanaient en passant à côté d'eux.
- Vous êtes gravement atteint vous deux ! ricana Maxwell à son tour ce qui lui valut une tape amicale sur le derrière de la tête et ils allèrent manger.
Au menu, il y avait du gratin de pâtes accompagné de salade. Ils mangèrent tous plus ou moins goulûment leur assiette mais quelque chose tracassait Thomas.
Aussie ne s'était pas montrée depuis le matin, ce qui était contre son habitude. De plus, c'était la nuit d'Halloween le soir même et Aussie détestait sortir le soir d'Halloween.
- Bon, il faut qu'on aille chercher Aussie ! déclara Thomas alors qu'ils allaient dans la salle de repos.
- Je refuse d'aller chercher cette hypocrite !
- Lia... Tu es la seule d'entre nous à savoir pourquoi Aussie a autant peur d'Halloween alors tu viens ! ordonna Thomas.
- Tom...
- Non, si tu ne viens pas... Et bien je ne te parlerais plus jamais. Jamais ! ces paroles firent l'effet d'un coup de poignard dans le cœur de la jeune fille. Jamais elle ne laisserait quiconque lui prendre son meilleur ami. Elle grogna.
- Laisse moi au moins préparer mon costume !
- Tu as dix minutes !
Quand Cecilia revint, elle avait juste passé un drap sur sa tête. Un drap avec de jolis motifs de poussins auquel elle avait fait des trous pour les yeux et pour les bras.
- Des poussins ? Sérieusement ?
- Les poussins sont démoniaques, les poussins sont le mal ! déclara la jeune fille en levant les bras en l'air.
- Bon, allons chercher Aussie ! proposa Thomas sur un ton qui faisait plus penser à un ordre qu'à une proposition.
- Allons-y ! renchérit Cecilia.
- Allons-y, let's go ! C'est partit les amis nous allons y arriver ! Je sais qu'on peux y arriver !
- C'est pas ça les paroles ! Les paroles c'est "Allons-y Let's go ! C'est parti les amis ! Nous allons les trouver ! Je sais qu'on peut y arriver" !
- Si tu le dis... Oh regarde, y'a des gars déguisés là-bas ! s'exclama Thomas mais à peine Cecilia eu posé les yeux sur les quatre garçons qu'elle se mit à trembler.
- Tom. C'est des clowns. Thomas... murmura-t-elle en s'accrochant à son ami.
Cecilia avait une peur bleue des clowns. Ils lui faisaient tellement peur qu'elle n'osa pas regarder et se laissa tomber par terre. Thomas s'accroupit à côté d'elle et lui chuchota doucement à l'oreille.
- Ne t'inquiète pas Lia ! Ce sont juste des gens déguisés en clowns pour Halloween ! Ils ne vont pas te faire de mal ! Cecilia acquiesça, toujours tremblante et elle s'accrocha au bras de Thomas mais, à peine furent-ils debout que les quatre clowns étaient plantés juste devant eux. Ils portaient des masques et leurs costumes étaient déchirés et pleins de peinture rouge.
- Oh, non... soupira Thomas mais Cecilia était déjà entrée dans son état de rage. Maxwell savait qu'elle avait affreusement peur des clowns alors pourquoi lui et ses amis s'étaient-ils déguisés de la sorte ? Non pas qu'elle leur interdise mais ils étaient venu la voir exprès et ça elle ne leur pardonnerait pas. Elle surmonta sa peur et s'approcha du premier garçon. Elle lui arracha son masque et c'était bien Maxwell. Elle eut un sourire carnassier et balança son genoux dans l'entrejambe du garçon avant de faire la même chose aux trois autres.
Ces derniers étaient, en réalité, Barry Clove, et Romain et Charles Dubaton. Romain et Charles étaient les fils du grand PDG Dubaton, meilleur vendeur de balais de la région et Barry était juste un riche héritier. Après avoir réduit leur bijoux de familles en bouillie, Cecilia s'en alla la tête haute avant de courir à l'intérieur du bâtiment et de se ruer dans sa chambre. Elle ne remarqua même pas Aussie qui était couchée sur son lit et elle se roula en boule sous son duvet.
- Cecilia ? murmura Aussie avant de venir s'asseoir à côté de la rousse. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Aussie ! s'exclama la jeune fille en serrant son amie contre elle. Thomas et moi sommes sortis pour te chercher et on est tombés sur des gens, parmi lesquels il y avait Max, déguisés en clowns...
- Ah... Et ça va ? Pourquoi vous étiez venus me chercher ?
- Parce qu'on t'avait pas vue de la journée et alors il s'inquiétait... Aussie sourit doucement à la cadette et la serra un peu plus fort contre elle.
Quand Thomas ouvrit la porte, il vit les deux jeunes filles qui dormaient l'une sur l'autre, il alla leur mettre un duvet sur les épaules et sourit avant de s'en aller.
- Tu sais, j'ai réfléchis... Ça ne peux plus continuer entre nous, t'as vu comment tu m'as amochée ? Laisse tomber, tu n'auras plus jamais avec tes yeux noisettes... Adieu ! et la jeune rousse laissa tomber le pot de Nutella au fond de la poubelle avec un bruit dur.
- Tu parlais sérieusement au Nutella ? demanda August en entrant dans la cuisine.
- Ouais, et je dois t'avouer que des fois, en secret, dans ma chambre, quand tout le monde dort et que la ville s'éteint, je regarde les winx.
- Tu me fais un peu peur des fois... dit-il en riant.
- Des fois, on dirait qu'elle habite au pays des Bisounours ! ajouta Aussie qui s'assit sur le plan de travail.
- Faut pas tout comparer aux Bisounours ! Eux, non plus n'ont pas la vie facile, ils doivent faire face aux affreux Abominables ! Et ils doivent gérer les caprices d'Harmony et acheter tout plein de jouets pour les enfants qui viennent ! Tout ranger après le départ de ces mêmes enfants ! Ils sont surchargés ! Et un bisounours n'est pas toujours gentil !
- Okay, elle est complètement atteinte là ! s'exclama Thomas qui les avait rejoins.
- Appelons l'hôpital psychiatrique ! ordonna Aussie qui était morte de rire. Deux semaines étaient passées depuis l'incident d'Halloween et Aussie et Cecilia étaient redevenue comme avant. Maxwell trainait de moins en moins avec eux et de plus en plus avec les jumeaux Dubaton, Barry Clove et Holly Vander. Cela énervait Cecilia qui était extrêmement rancunière et n'accepterait pas facilement de pardonner à Maxwell.
Ils avaient été appelés dans le bureau de Mme Adélaïde a cause d'une énième bêtise. Cecilia, Thomas, Ethan August, Aussie et Sophia se tenaient l'un à côté de l'autre debout, face à la vieille dame.
- Bon, vous allez vous expliquer ou il faut que je sévisse ? menaça la directrice en lançant un regard de tueur aux adolescents.
- Non madame ! s'empressa de répondre Cecilia.
- Alors, j'attend...
- Et bien... commença la jeune rousse mais elle se fit couper par Thomas.
- Tout a commencé le soir d'Halloween... Nous nous sommes disputés avec Maxwell car il avait fait une mauvaise blague à Cecilia mais Maxwell a voulu se venger en faisant un mauvais coup sur Ethan. Il l'a donc attiré dans la forêt comme appât puis ensuite Cecilia et Aussie sont parties à sa recherche. Comme je m'inquiétait aussi, je suis partit les retrouver et je suis tombé sur Sophia qui se promenait. Je lui ai proposé de m'accompagner et elle a accepté et nous avons croisé August qui nous a donc aussi suivi. Quand nous avons retrouvé les autres, ils étaient en train de frapper Maxwell. Enfin, Cecilia était en train de frappe Maxwell et donc nous les avons séparés mais Cecilia s'est énervée et a poussé Maxwell dans les ronces. Puis Ethan a bugué et a décider de s'enfuir, il s'est donc enfui dans la forêt et...
- Merci Thomas mais... Je vous demandais seulement pourquoi il y a une biche au milieu de la salle de repos du quatrième étage...
- Ah ! Ça c'est Gladys ! s'exclama joyeusement Cecilia. On l'a trouvée dans la forêt et comme elle était seule, on l'a ramenée !
- Vous vous rendez compte que ça va devenir un Disney ça ? Le prochain remake de Bambi ! Sa mère ne se fera pas tuer mais enlever pour être élevée dans un pensionnat ! s'énerva Mme Adélaïde en la foudroyant du regard.
- Madame...
- Non. Mademoiselle Anderson, j'en ai assez de vos bêtises et de vos quolibets à répétition. Rien que la semaine dernière, sept élèves sont venus se plaindre de vous ! De plus, vous entraînez des élèves tels qu'August ou Sophia dans vos mauvais coups et vous avez une mauvaise influence sur les plus jeunes. Je suis dans le regret, mademoiselle Anderson, de vous annoncer que vous allez vous rendre en quarantaine pendant une semaine complète ! la sentence était tombée.
Au fond, Cecilia savait qu'elle l'avait mérité mais elle trouvait tout de même ça injuste.
La quarantaine était une cabane qui se trouvait au fond du terrain occupé par le pensionnat. Elle ne contenait seulement qu'un lit, une minuscule salle de bain et une table avec une chaise. La porte était verrouillée par cinq verrous et les fenêtres étaient cachés par des grillages. Les pensionnaires qui y étaient allé se tenaient vraiment à carreaux après leur retour et cela voulait dire que la quarantaine était vraiment une chose horrible.
- S'il vous plaît madame ! supplia la jeune rousse en pleurnichant.
- Mademoiselle Anderson, ma décision est déjà prise ! gronda Mme Adélaïde. Cecilia suivit donc docilement la directrice à l'intérieur de la cabane en bois chargée de couvertures en laine, d'un oreiller, d'une pile de vêtements et de livres.
- Bon, Daisy viendra vous amener votre repas chaque matin, midi et soir. Vous aurez droit à une visite par jour. Des questions ?
- Je pourrais avoir un ordi ?
- Un quoi ?
- Un ordinateur portable ?
- Ah ça... Non. Pas de divertissements, juste de la lecture ! Maintenant, installez-vous et taisez-vous ! sur ce, la directrice sortit en claquant la porte.
Cecilia soupira et se laissa tomber sur le lit deux place.
- Qu'est-ce que j'ai fais pour mériter ça ? demanda-t-elle tout haut. Elle soupira de nouveau et se leva avant de faire son lit et d'installer des maigres affaires. La quarantaine était une sorte de prison et on y allait le temps de se calmer. Cecilia y avait passé beaucoup de temps et elle connaissait des tas de planques sous le plancher ou les lattes du lit.
Alors que la jeune fille récupérait son iPod qu'elle avait caché sur une poutre, quelqu'un cria à l'extérieur. Elle se tua à la fenêtre et vit des formes qui se rapprochaient.
Plus elles avançaient, plus elles lui semblaient nettes.
- Alors, qu'est-ce que vous faites ici ?
- On allait pas te laisser en plan ! répondit la jeune fille.
- Oh... Tellement de gentillesse ! lança la rousse, sarcastique.
- Bon, on a un service à te demander... Si on te fait sortir, tu promets de nous aider ?
- Et pourquoi je le ferais ?
- Car il me semble que toi aussi tu déteste Maxwell Settle...
Côté vengeance, Cecilia était ravie. Elle avait le droit de faire ce qu'elle voulait tant que les noms des commanditaires n'étaient pas balancés. La directrice avait accordé de réduire sa peine à trois jours dans la cabane ce qui était déjà un bon rabais. Le premier jour, Thomas vint la voir et ils discutèrent pendant un moment puis il partit. Le deuxième jour, elle reçu la visite d'Ethan et d'Aussie et le troisième, ce fut August et Sophia qui vinrent.
- Bon, Sophia je suis désolée ! Combien de fois veux-tu que je te le répète ?
- Tu fais tellement l'autruche que j'ai envie de te frapper ! s'énerva la jolie blonde.
- Donne moi une gifle. J'en ai jamais reçues et je veux voir ce que ça fait !
- Pardon ?
- Donne moi une gifle ! répéta la rousse avec un grand sourire. Le regard d'August jongla entre les deux filles. Sophia luttait pour retenir sa main d'aller s'écraser sur la joue de Cecilia et cette dernière jubilait de cette réaction.
- Alors, tu te dégonfles ? provoqua Cecilia. Et la seconde d'après sa joue était rouge et cuisante et elle fixait Sophia avec un mépris incroyable.
- Tu vois ma chère Sophia... Tu n'as pas réfléchi. Tu as commencé à me frapper alors je me dois de pratiquer de la légitime défense... marmonna Cecilia avant de retrouver son sourire et de tirer de toutes ses forces sur ls longues chevelure de la blonde.
- Lâche moi !
- Rêve ! s'exclama la rousse en tirant plus fort. August voulu intervenir en tirant Cecilia en arrière mais celle-ci s'agrippa aux cheveux de Sophia et la blond tomba, entraînant Cecilia et August dans sa chute. Quand Cecilia voulu se relever, Sophia la retint et lui griffa le visage alors la cadette serra le poing et le balança dans le nez de la blonde. Heureusement, Thomas et Aussie arrivèrent au bon moment pour séparer les deux bagarreuses.
- Laisse-la moi ! Laisse-la moi ! hurla Cecilia en se débattant pendant que, de son côté, Sophia sanglotait en regardant ses mains en sang et les griffures dues aux ongles de la rousse.
- Non mais Lia ? Qu'est-ce qu'il va pas chez toi ? Tu va te prendre une semaine en plus !
- Lâche moi, Thomas ! gronda la concernée.
- Rêve ! répondit sèchement le noiraud en resserrant ses bras contre le corps de la jeune fille. August et Aussie emmenèrent Sophia à l'infirmerie, suivis de Thomas qui laissa Cecilia seule dans la cabane en bois.
Une fois qu'ils eurent quitté la quarantaine, Cecilia hurla à s'en casser la voix et frappa contre le mur jusqu'à ce que ses jointures soient en sang et que son visage soit ravagé par les larmes de rages.
- J'en ai ras-le-bol ! s'époumona-t-elle avant de se laisser tomber sur le lit. Elle se roula en boule sous le duvet et resta dans cette position jusqu'à ce que la Mme Adélaïde, qui avait eu vent de l'affaire, Daisy, Thomas et August arrivent dans la pièce.
- Mademoiselle Anderson, vous avez une minute pour sortir de votre planque.
- Euh, madame ? Elle est sous le duvet ! souffla Daisy.
- Vous avez trente secondes pour sortir de sous le duvet ! ordonna à nouveau la directrice. Cecilia s'extirpa de son cocon et lança un regard noir à Thomas. Elle avait les yeux bouffis, le visage et les mains en sang.
- Voyez dans quel piteux état vous vous mettez... soupira la directrice en détaillant la jeune fille. Bon... Daisy, je vous laisse avec ces trois là, vous savez ce que vous avez à faire !
- Oui madame ! répondit rapidement la jeune femme avant de se tourner vers les trois adolescents. Bon, en premier lieu, Cecilia tu dois te débarbouiller, Thomas va t'aider. En attendant, je vais régler quelques détails avec August ! informa-t-elle. Thomas s'approcha alors de Cecilia mais cette dernière tourna les talons et se rendit dans la salle de bain en claquant la porte derrière elle.
Une fois la porte fermée à clé, Cecilia se déshabilla et entra dans la douche. Ses griffures et ses petites blessures la brûlait mais elle dit abstraction de tout ça pour se concentrer sur la mélodie que créait l'eau contre le mur. Quand elle fût présentable, la jolie rousse sortit et s'habille avant de rejoindre les autres dans la pièce.
- Ah, te voilà ! Nous avons quelque chose à t'annoncer !
- Quoi donc ?
- Ce soir, c'est le grand gala et les parents viennent pour voir leurs enfants et...
- Et ?
- Et cette année, tes parents vont venir ! s'exclama Daisy, enjouée. Mais Cecilia ne réagit pas comme elle s'y attendait. La cadette hurla et sortit de la cabane en courant. Elle ne voulait pas voir ces lâches de parents qui ne s'étaient jamais occupés d'elle en treize ans.
Quand Cecilia revint à la quarantaine ce soir là, elle ne se doutait pas de ce qu'il l'y attendrait. Alors qu'elle ne fut pas sa surprise quand, en entrant dans la cabane de bois, de tomber nez-à-nez avec une fillette pas plus haute que trois pommes.
- Qui es-tu ? Où sont tes parents ? demanda l'adolescente.
- Mon papa et ma maman ils sont à la fête. Ils ont demandé de chercher une fille partout ! Mais j'ai vu la maison d'Hansel et G'eutel et j'ai trouvé ça joli. Tu es la sorcière ?
- Non, je ne suis pas la sorcière... Comment s'appellent tes parents ?
- Ma maman elle a le plus joli des noms !
- Ah oui ? Et tu veux bien me le dire ?
- Non ! C'est ma maman !
- Allez, je sais que tu es très gentille... C'est quoi ton nom ?
- Je m'appelle Elizabeth !
- Elizabeth quoi ?
- Quoi, Elizabeth quoi ?
- C'est quoi ton nom de famille ?
- C'est quoi un nom de famille ?
- Exemple, je m'appelle Cecilia Anderson et toi ?
- Je m'appelle Elizabeth Anderson aussi ! Cecilia tiqua et observa la fillette un peu plus en détails.
Ses yeux n'étaient pas verts comme elle mais bleus nuit. Elle portait une robe bleue clair avec des poches et une paire de collants bleus foncés. Ses pieds étaient couverts par une paire de bottines et ses cheveux, qui étaient du même blond vénitien qu'elle, étaient coiffés en deux petites tresses et couverts par un bonnet en laine bleue. Dans une des poches de sa robe, une peluche à l'effigie d'un lapin pendait mollement.
- Elizabeth ? Quels sont les prénoms de tes parents ? Et si tu ne me réponds pas, je te dévorerais comme je l'ai fait avec Hansel et Gretel ! ordonna la grande rousse d'un air qui se voulait terrifiant.
- Quoi ? Non ! Ne mange pas moi ! Mon papa il s'appelle James et ma maman c'est Hannah ! Voilà ! Je te l'ai dit ! paniqua la petite fille en se cachant derrière son doudou.
- Elizabeth ? Ça te dit qu'on retourne à la fête ? proposa doucement Cecilia qui avait retrouvé un air gentil.
- Mais... Tu ne peux pas aller à la fête... Tu es moche !
- Eh !
- Regardes, tu es pleine de boue et de terre ! continua Elizabeth en pointant lesdites tâches sur les vêtements de l'adolescente.
- Bon... Tu n'as pas tort... Je vais peut être aller me changer... Reste là ! la petite répondit d'un hochement de tête positif et s'assit sur le rebord du lit. Elle s'amusait à faire bouger les oreilles de son lapin quand Cecilia ressortit peu après vêtue d'un jean, d'un pull et d'une paire de basquettes. Ses cheveux remontés en chignon décoiffé s'échappaient de tout les sens.
- T'es toujours moche mais c'est un peu plus mieux !
- Merci... marmonna la jeune fille sortant de la cabane, accompagnée d'Elizabeth.
Elles marchèrent sur le chemin de terre qui menait à l'allée principale puis s'avancèrent dans le pensionnat. Quand elles entrèrent, c'était l'effervescence. Tout le monde, parents comme pensionnaires, courait dans tout les sens. Elizabeth glissa sa main dans celle de Cecilia et s'accrocha à elle.
Elles traversèrent le hall mais avant qu'elles puissent monter les escaliers menant aux dortoirs, une femme les remarqua.
- Oh ! Elle est là ! Elizabeth ! s'écria une femme en s'approchant d'elles. La femme en question était grande, fine, avec de beaux cheveux blonds vénitiens, eux aussi, ses yeux verts-de-gris brillaient tandis qu'elle serrait la fillette dans ses bras.
- Maman ! s'exclama Elizabeth. La femme se relevant.
- Merci ! Comment t'appelles-tu ?
- Cecilia. Mais tu peux m'appeler "Chérie".
- Comment ça... Oh ! Cecilia ! Chérie !
- Ne m'appelles pas "Chérie". C'était de l'ironie. Je ne veux même pas entendre mon prénom dans ta bouche...
- Mais...
- Non. Tu vois, tu as cessé d'être ma mère il a treize ans. Maintenant, tu n'es plus personne ! cracha l'adolescente avant de sortir de la pièce sous les regards ébahis des des invités et des pensionnaires.
Cecilia ne comprenait plus rien.
Elle avait une soeur ? Et cette soeur c'était Elizabeth ? Non ! On le lui aurait dit ! Surtout que la fillette avait l'air d'avoir au moins quatre ans... La rousse soupira. Ses parents qui osaient venir ici après treize ans, accompagnés de leur nouvelle fille qui plus est... Elle se laissa tomber sur le lit et écouta les bruits de la nuit.
Des hululements d'hiboux, des craquements de branches et le bruit du ruisseau traversant la forêt.
- Mademoiselle la Sorcière ? appela une petite voix fluette, à l'extérieur de la cabane.
- Je suis pas une sorcière et je dors encore ! répondit Cecilia en grognant.
Elle entendit la porte s'ouvrir et des petits pas se rapprocher d'elle. La grande rousse plongea sa tête sous son oreiller. Mais l'intruse grimpa sur le lit et rampa jusqu'au fameux oreiller. Oreiller sous lequel elle glissa, elle aussi, la tête.
- Elizabeth ! Qu'est-ce que tu fais là ?
- Ma maman est triste à cause de toi. Donc je suis venue te chercher pour qu'elle redevint heureuse !
- Déjà, on dit "pour qu'elle redevienne" et je ne vois pas pourquoi le fait que j'aille la voir la rende heureuse... soupira Cecilia.
- Tu es une sorcière. Mais toi tu es une gentille sorcière alors tu va soigner ma maman !
- Désolée Eli' mais ta maman n'est pas vraiment mon amie...
- Je fiche moi ! Je veux juste que ma maman soit heureuse !
- Mais, je suis sûre que ta maman est très heureuse ! Et elle le serait encore plus si tu laissais les gens dormir le matin... Oh dieu ! Il est vraiment onze heures ? s'écria Cecilia en se relevant d'un coup.
- Et pis le beau garçon il a dit que tu devais venir pour jouer ! continua la fillette.
- Jouer ? Mais à quoi ?
- Je sais p'us. Mais y'avait le nom de la jolie princesse dedans !
- La jolie princesse ? C'est qui ça ?
- Sophia !
- "Qui arrivera à faire ami-ami avec Sophia Burrey"... souffla Cecilia en se jetant sur la pile de vêtements posés sur une chaise. Elle entra rapidement dans la salle de bain et en ressortir vêtue d'un jean, d'un pull en laine et d'une paire de bottines. Ces cheveux étaient relâchés sur ses épaules. Elizabeth la regarda avec de grands yeux.
- Sorcière ? demanda-t-elle de sa petite voix.
- Quoi encore ?
- T'es pas jolie mais moins moche que hier. De toute façon, t'es toujours moche. Mais là t'es plus jolie. J'aime bien tes cheveux !
- Ah, merci...
- De rien ! Mais ma maman c'est quand même la plus jolie !
- Ouais, on va dire ça... Bon, allons jouer ! Attends. Elizabeth ? Comment es-tu entrée ?
- Le beau garçon il m'a donné la clé !
- Et c'est quoi son nom au beau garçon ? demanda l'adolescente en se dirigeant vers la porte, clé à la main.
- Thomas ! En plus c'est le prince de la princesse Sophia ! Cecilia s'arrêta en pleine action et se retourna, faisant face à la fillette.
- Comment ça ?
- Bah le prince est avec la princesse !
- Ils sortent ensemble ?
- Enfin tu comprends ! T'es lente toi ! Cecilia gronda et elles sortirent de la cabane en bois.
Quand elles arrivèrent au pensionnat, il était onze heure trente-cinq et tout le monde se dirigeait à la salle à manger. Quelques élèves saluèrent Elizabeth mais ne dirent rien à Cecilia. Elles allèrent jusqu'au quatrième étage qui était désert à cette heure là. Où presque.
Alors qu'elles tournaient dans le couloir, elle aperçurent un couple qui s'embrassait. Quand le garçon tourna la tête, Cecilia vit que c'était Thomas et la chevelure blonde appartenait à Sophia Maria Grace Burrey.
- Tom... murmura Cecilia avant de partir en courant en direction de sa chambre.
Elizabeth rejoignit Cecilia peu après. Elle s'approcha tout doucement et se hissa sur le lit avant de se pelotonner contre l'adolescente. Elle lui tendit son doudou avec un petit sourire.
- Je te prête mon doudou. Il s'appelle Mouky-Edouard-Charles-Xavier ! Cecilia esquissa un sourire et prit le lapin en peluche. Elle se souvenait d'en avoir eu un semblable quand elle était plus petite mais une fillette de son âge le lui avait volé en prétendant qu'il le lui appartenait. Après ça, Thomas lui avait fabriqué une sorte de petite patate bleue et verte cousue dans un tissus hideux trouvé dans la cave mais Cecilia l'adorait. Elle savait que c'était exaspérant, inutile, ridicule mais elle n'aimait pas voir Thomas, son Thomas, avec d'autres filles. Parce qu'elle savait que si Thomas partait, elle se retrouverait seule.
Cecilia n'était pas tant douée que ça pour se faire des amis, ni pour rester amie avec eux. Thomas était le seul qui restait avec elle parce qu'elle était "elle" et pas parce qu'il y avait quelqu'un d'autre avec qui parler quand ils étaient ensemble.
Bien sûr, il y avait Aussie, Maxwell, Ethan et August mais ce n'était pas pareil. Et ça, Cecilia l'avait bien compris.
Après cet épisode, Cecilia retourna à la quarantaine où elle passa la fin de sa punition à étudier et lire la moitié de la bibliothèque du pensionnat.
Quand Mme Adélaïde vint la chercher, elle ne dit rien et suivit la directrice jusqu'à son bureau.
- Écoute Cecilia, tes parents étaient venus pour te donner des explications et tu les as traités de la manière la plus odieuse qui soit. De plus, ils ont laissé ta sœur, Elizabeth, à nos bons soins et je compte sur toi pour bien remplir tes fonctions de grande sœur.
- J'imagine qu'ils vont encore attendre treize ans avant de venir s'excuser ?
- Cecilia... soupira la directrice en esquissant un sourire faible.
- Écoute, tes parents sont occupés partout dans le monde et ils ont souvent voulu venir te voir mais plus le temps passait, plus ils se disaient que tu devais les haïr et ils avaient peur de ta réaction. Ils avaient raison d'avoir peur d'ailleurs...
- Vous ne comprenez pas ! s'emporta Cecilia. Ces gens là ne sont pas mes parents ! Ce sont juste des inconnus de magasines ! Ils ont jamais été là pour moi en treize années que j'ai passées ici. Vous voudriez que j'aille les voir et qu'on forme une famille parfaite ? Vous pouvez rêver ! Je ne considèrerais jamais ces gens comme des parents. Si je suis odieuse, alors je n'ose même pas imaginer ce qu'ils sont, eux.
- Cecilia ! Je ne t'autorise pas !
- Et qu'est-ce que vous voulez que ça me fasse ?
- Bon. Tu reprendras les cours comme d'habitude. Maintenant va dans ta chambre. Je demanderais à Daisy de t'apporter ton dîner.
- Bien. dit sèchement l'adolescente en sortant du bureau. Elle tomba nez-à-nez avec Thomas, Ethan, Maxwell, Elizabeth, Aussie et Sophia. Cette dernière était accrochée au bras de Thomas.
- Vous voulez ma photo peut-être ? demanda-t-elle ironiquement avant de passer entre eux et de regagner sa chambre.
- Lia ? appela une voix de l'autre côté de la porte. Mais ce n'était pas Thomas. Ce n'était pas une voix qu'elle avait l'habitude d'entendre. Elle se leva et trottina jusqu'à ladite porte, tourna la poignée et se trouva face à Ethan.
- Ethan ? Tu... Tu as parlé ? pour toute réponse, le garçon se contenta de secouer la tête et s'en alla. Cecilia soupira et décida de dormir un peu. Elle se laissa tomber sur son lit et s'enroula dans son duvet. Peu après, elle dormait à poings fermés.
Quand elle se réveilla, il était plus de dix heures et elle était en retard en cours. Elle se dépêcha de se lever et d'enfiler son uniforme. L'adolescente fourra ses affaires de classe dans sa sacoche et sortit en courant de sa chambre. Elle couru jusqu'à la salle de cours mais celle-ci était vide. Il n'y avait personne à l'intérieur. La jeune fille décida donc de se rendre à la bibliothèque, lieu où les élèves devaient se rendre quand un professeur était absent. Mais là aussi, le lieu était déserté. Il n'y avait que la bibliothécaire qui rangeait des livres sur les étagères.
- Madame ? hésita Cecilia en s'approchant de la femme.
- Ah, Cecilia ! Tu n'es pas partie avec les autres ?
- Comment ça ?
- Et bien, les autres pensionnaires sont partis en ville avec les professeurs et la directrice. Pour les courses de Noël, je crois.
- Il reste des gens ?
- Il me semble que quelques jeunes sont restés avec Daisy, ils doivent être à la nurserie !
- Merci, madame ! répondit l'adolescente avant de repartir en direction de sa chambre pour se changer.
Elle échangea son uniforme contre un jogging et un pull en laine. Ensuite, elle se rendit à la nurserie pour chercher les autres et, effectivement, ils étaient là. Aussie, August, Elizabeth, Ethan, Daisy et quelques petits. Aussie peignait avec une petite nommée Willa. Cette dernière semblait s'être liée avec la brunette et elle tenait une jolie poupée blonde contre elle.
- Eh ! s'exclama Aussie en apercevant la jeune rousse.
- Ça va bien ?
- Hum, oui. Et toi ?
- Oui, ça va bien !
- Cecilia ! s'écria Elizabeth en s'approchant de sa sœur. Tu m'as manquée !
- Toi aussi, petite peste !
- Je suis pas une peste !
- Oh, râle pas... soupira la concernée en souriant.
- Bon, on fait quelque chose aujourd'hui ?
- Cecilia ? intervint August. Tu as regardé dehors ? Il y a une tempête de neige. On ne peut absolument rien faire...
- Si ! On peut jouer à cache-cache ! proposa Elizabeth. Les autres acquiescèrent et Aussie commença à compter.
- Cent ! J'arrive ! hurla Aussie à travers la pièce. Elle se décolla du mur et s'avança doucement, scrutant chaque recoin. Alors qu'elle passait à côté du coffre à jouets, des rires étouffés se firent entendre. Elle eut un petit sourire et posa lentement sa main sur le couvercle avant de l'ouvrir brutalement.
- Trouvée ! s'exclama-t-elle en voyant Willa.
- Tu es trop forte ! déclara la petite fille en riant. Aussie continua son chemin, trouvant successivement August, Daisy un petit garçon nommé Michel et une petite fille qui s'appelait Annabelle. Quand elle eût fini le tour de la nurserie, s'assurant qu'il n'y avait plus personne, elle passa au deuxième étage, puis au troisième et enfin au quatrième. Ne trouvant personne, elle se décida à aller dans la bibliothèque.
- Ah, je ne suis pas sûr qu'ils soient là... glissa August avec un sourire en biais. Aussie le fit taire d'un mouvement de la main et s'avança dans la grande salle. Elle aperçu un mouvement derrière un rayon et s'y rendit avec le plus de discrétion possible.
- Ethan ! Je t'ai trouvé ! s'écria la jeune fille en voyant qu'il tentait de fuir. Le garçon s'arrêta, baissa la tête et leva la main en signe d'abandon. Aussie eut un sourire victorieux et se frotta les mains. Il restait encore Elizabeth et Cecilia et Aussie savait que cette dernière était redoutable à ce jeu. Elle connaissait chaque recoin du bâtiment et trouvait une nouvelle cachette à chaque fois.
Aussie avançait dans le couloir du deuxième étage, accompagnée d'Ethan et d'August. Ils regardaient chaque recoin et fouillaient chaque pièce jusqu'à ce qu'ils entendent un rire qui provenait de derrière eux. Aussie se retourna vivement et, en voulant se mettre à courir, elle s'encoubla dans ses pieds et s'étala sur la moquette. Elizabeth éclata alors de rire et sortit de sa cachette en se tenant le ventre. De leur côté, August et Ethan aussi rigolaient aux larmes. L'adolescente se releva et regarda Elizabeth avec un grand sourire.
- Trouvée ! Je suis la meilleure ! C'était bien évidemment fait exprès ! Bon, Cecilia ? Tu as gagné ! hurla-t-elle. La concernée tomba comme une masse du plafond, devant Aussie.
- Que... Quoi ?
- J'étais bien cachée, hein !
- Tu étais où ?
- Secret !
- Mais tu es tombée du plafond !
- J'ai dit que c'était secret ! Bon, on va manger ?
Il s'avéra que le soir venu, la tempête de neige avait empirée et donc les autres pensionnaires ne rentreraient pas avant le lendemain. Daisy et la bibliothécaire, Eleanor, devraient donc s'occuper de la dizaine des pensionnaires restés aux Cerisiers.
- Bon les enfants, on va faire l'appel ! Alors, Cecilia Anderson ?
- Présente !
- Elizabeth Anderson ?
- Ici !
- Ethan Baine ?
- Il est là !
- Annabelle Duncaster ?
- Je suis là ! annonça la petite. Daisy finit de faire l'appel mais il manquait Willa.
- Où est cette gamine ? demanda Eleanor en soupirant.
- La dernière fois que je l'ai vue, elle partait en direction de la nurserie... marmonna Aussie, anxieuse.
- Bon, on va faire trois groupes et chacun se charge d'une partie du pensionnat ! déclara Cecilia.
Rapidement, les trois groupes se firent. Il y avait le premier avec Cecilia, Ethan et Elizabeth, le second avec Aussie, Annabelle et Michel et le troisième avec August, Marly et Logan.
Cela faisait une bonne heure qu'ils avaient fouillé chaque pièces du pensionnat de fond en comble sans trouver de traces de la fillette.
- Peut être qu'elle est allée dehors ? proposa Cecilia alors qu'ils passaient devant la grosse porte d'entrée en chêne massif.
- Non, Willa n'est pas stupide comme toi ! s'exclama Elizabeth. Ethan sortit alors son ardoise et se mit à écrire:
« Je pense que Willa a pu sortir. Son grand frère est à l'extérieur avec le reste des pensionnaires ! »
- Et alors ? Elle aurait voulu le rejoindre ?
« Je pense que oui... » alors qu'Ethan rangeait son ardoise, Cecilia regarda par la fenêtre à côté de la porte et elle vit la poupée de Willa qui gisait en bas des marches. Son sang ne fit qu'un tour.
- Ethan, la peste, allez chercher vos vestes ! On va faire un tour dehors.
- Quoi ?
- Willa est sortit, j'en suis sûre ! et comme preuve, elle pointa la poupée du doigt.
Cecilia se réveilla dans une chambre qui n'était pas la sienne. Elle se releva en position assise dans le lit et sa tête la fit souffrir. Elle était ensevelie sous un tas de couvertures polaires et de duvets. Elle avait mal partout et n'avait aucune idée de ce qui lui arrivait.
- Cecilia ! s'exclama Elizabeth en sautant sur le lit. Derrière elle se trouvaient Thomas, Maxwell, August, Aussie, Ethan, Sophia et Willa. La directrice et Daisy étaient aussi là.
- Comment tu va ? demanda Aussie avec un sourire faible.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Tu as cru que Willa était sortie à cause de sa poupée qui était dans la neige mais en fait Willa était juste endormie dans un coin qu'on avait pas encore fouillé. Mais tu étais déjà sortie et il y a eu un grand coup de blizzard. Ethan et Elizabeth ont réussis à rentrer mais tu t'es perdue à cause de la neige et quand on t'as retrouvée, tu étais gelée. En réalité, ça fait trois jours que tu dors... expliqua August.
- Trois jours ?
- Oui. Trois jours complets !
- Bon... commença la jeune rousse en essayant de se mettre debout. Mais ses jambes étaient encore faibles et elle se sentit tomber. Thomas se jeta alors sur elle et la rattrapa avant qu'elle ne touche le sol.
- Ça va ? questionna doucement le garçon, la remettant debout.
- Oui, ça va... marmonna-t-elle se remettant sur le lit.
- Le médecin nous avait prévenus que tu serais faible pendant un moment. Il faut que tu fasses le moins d'efforts possible.
- Je pourrais sortir quand ?
- Ça dépend. Il faudra voir si tout va bien dans quelques jours ! déclara une infirmière en entrant dans la pièce. Cecilia soupira et se laissa tomber sur la pile d'oreillers.
La jeune fille resta donc encore une semaine et demie à la clinique avant de pouvoir retourner au pensionnat où tout redevint peu à peu normal. La plupart des pensionnaires se préparaient à Noël et le reste aux examens semestriels.
- Cecilia demanda Elizabeth à sa sœur alors que cette dernière révisait ses cours d'anglais.
- Quoi ?
- Il faisait froid comment dehors ?
- Je te l'ai déjà dit. Il faisait froid comme les canards canadiens !
- Oh ! C'est vrai ? T'es courageuse !
- Merci, merci... Elizabeth ?
- Oui ?
- Tu saurais pas comment on dit "être de passage" en anglais, par hasard ?
- Je sais ! On dit "être de corridor" !
- Retourne jouer à la poupée où je bouffe ton ornithorynque en peluche...
- Non ! Ne bouffe pas l'ornithorynque ! Je vais jouer !
- Tu manges des jouets toi ? C'est nouveau ? intervint Aussie en s'installant en face de Cecilia.
- J'ai jamais dit que je mangeais des jouets. Je mange des poupées, des humains parfois. C'est pas pareil.
- Tu me fais peur. Vraiment.
- Moi aussi je t'aime...
- Les filles ! s'exclama August en les rejoignant. Vous avez mis quoi à la question sept du devoir d'éthique ?
- Que symbolise Noël pour vous ? demanda Aussie, vérifiant dans son cahier.
- Moi j'ai mis que je pense que Noël symbolise les chameaux tremblants...
- Pardon ?
- Les chameaux qui tremblent de froid à cause de la neige !
- Cecilia, tu es une cause perdue... soupira Aussie en souriant.
- Merci !
Et trois jours plus tard, ce fût Noël. Les élèves avaient organisés entre eux une sorte de père noël secret.
Le principe était simple: on mettait le nom de chaque personne dans un chapeau et chacun tirait un billet et devait offrir un cadeau personnalisé à la personne citée sur le billet.
Cette année, Cecilia avait tiré Holly Vander et avait décidé d'enterrer la hache de guerre. Étant donné que le nom complet d'Holly lui faisait penser à un certain nom d'un certain personnage d'un certain livre, Cecilia avait décidé de lui offrir une baguette magique. Bon, c'était un vieux bout de bois avec des paillettes mais la jeune rousse était persuadée que la blonde allait adorer.
De leur côté, Aussie avait tiré le nom de Maxwell, August celui de Sophia, Sophia celui d'Aussie, Maxwell celui de Thomas et ce dernier avait eu le nom de Cecilia.
La brunette aux yeux vairons avait fabriqué un lance-pierre pour Maxwell.
Le grand blond s'était chargé de fabriquer une robe avec de vieux rideaux pour la petite blondinette.
Petite blondinette qui offrirait des livres à Aussie.
Maxwell, quant à lui, avait cuisiné un gâteau au chocolat pour Thomas et ce dernier avait une surprise pour la jeune rouquine.
Quand arriva l'heure des cadeaux, chacun dû aller chercher le sien que son père Noël mystère avait dissimulé dans son dortoir et le ramener dans la salle de repos de son étage pour l'ouvrir avec ceux de sa "section".
- Allez, on les ouvre tous en même temps ! proposa Aussie qui reçu une réponse unanime. Ils comptèrent jusqu'à trois et ouvrirent leur paquets.
- Oh, un joli joli bout de bois ! s'exclama Holly en regardant briller les paillettes.
- Et moi j'ai reçu une nappe ! marmonna Sophia avec un sourire forcé.
- Oh, ce n'est pas une nappe ! C'est une robe ! rectifia August avec un grand sourire.
- Oh... Merci August ! C'est très... Joli joli...
- Moby Dick et le mystère de Nessie ! Merci Sophia !
- Comment tu sais que c'est de moi ?
- Il y a ton nom sur la page de garde... Mais merci !
- Oh... Un gâteau... Miam... Appétissant...
- J'ai juste reçu une lettre moi... soupira Cecilia en rangeant la petite enveloppe verte dans la poche de son cardigan. Bon, on va voir ce qu'on reçu les autres ?
- Tu... Tu ne lis même pas ta lettre ? demanda Thomas en se grattant la nuque.
- Je la lirais plus tard ! répondit la concernée en s'éloignant.
- Pourquoi est-ce que tu remets toujours tout à demain Cecilia Anderson ? soupira Thomas en se laissant tomber sur l'un des canapés.
- Ton plan n'a pas fonctionné Thomas. Cecilia te déteste encore... Elle n'a pas voulu lire ta lettre et c'est une preuve de sa rage contre toi...
- Tais toi Sophia. Tais toi.
- Oh. Monsieur est vexé par la vérité. Mais ne dit-on pas qu'il n'y a que la vérité qui blesse ? Tu es pitoyable Thomas. Même pas fichu de dévoiler tes sentiments à ce brasier ambulant. Un jour, elle va te brûler le cœur et ne compte pas sur moi pour verser de l'eau dessus !
- Ce ne serait pas à toi que je le demanderais.
- Dans ta face ! murmura Aussie qui était cachée derrière un canapé avec August.
- Chut ! Il va nous entendre !
- Tais-toi aussi alors !
- Vous êtes les deux personnes les moins discrètes de la planète... grogna Thomas en sortant de la pièce, suivit de près par Sophia.
- Quelle pimbêche !
- Tu l'as dit, Aussie !
- Arrête de faire des rimes avec mon prénoms ou je te le fais manger !
- Manger des rimes ?
- Ne me sous-estime pas, August !
Tout le pensionnat était présent dans le parc, jouant avec la neige ou discutant, une tasse de chocolat fumant dans les mains.
- Tu as lu la lettre de Thomas ? interrogea Aussie.
- Non. Et je ne compte pas le faire.
- Pourtant, tu devrais... Va juste à l'intérieur pour la lire. Après, tu pourras toujours prétendre de ne pas l'avoir fait... proposa malicieusement Aussie et, contre toute attente, Cecilia se rendit dans sa chambre en courant, se saisit de la lettre et se mit à la lire.
« Cecilia, n'essaie pas de tourner le dos aux choses qui te font de la peine. Les choses qui te font de la peine, il y a des fois où c'est tout ce qu'on a au monde. Il faut apprendre à vivre avec ces choses là et à s'en servir. J'ai vu des gens se torturer horriblement, et mourir, parce qu'ils avaient peur d'avoir mal. Je te tenais sur mes genoux quand tu n'étais rien qu'une tout petite fille. Je me rappelle que je pensais qu'à nous deux on allait décrocher la lune, toi et moi, sitôt qu'on serait un peu plus grands. J'ai fait toutes sortes de projets pour toi, mais il n'en est rien sorti du tout.
Alors sache qu'à présent, je continuerais à faire de projets mais je veux que tu les fasses avec moi. »
- Tom
La jeune fille soupira et ne comprit pas directement le sens de cette lettre. Puis elle saisit. Elle avait toujours eu peur d'avoir de la peine qu'elle s'était renfrognée. Elle avait tourné le dos à ses parents. Quand elle se sentait apeurée, elle fermait les yeux et se renfermait sur elle même sans tenter de contrer la peine. Thomas l'avait directement compris et, chaque jour, il essayait de la protéger des malheurs. Un sourire se dessina sur son visage et elle couru dans le parc à la vitesse de la lumière. Elle s'arrêta sur le perron, chercha Thomas des yeux et le rejoignit en courant, comme quand ils étaient petits. Elle lui sauta dessus et ils tombèrent tout les deux à la renverse, faisant manger de la neige à Thomas.
- Je suis désolée, Tom. Par pitié, pardonne moi !
- Te pardonner de quoi ?
- D'avoir été si ingrate et si aveugle...
- C'est tout vu... répondit le garçon en déposant un baiser sur le front de la rouquine avant de se remettre debout. La cadette se pencha en avant, prit de la neige et la lança sur Thomas.
Peut être avaient-ils un avenir ensemble, qui sait ?
Cecilia Anderson
Protagoniste. Elle est assez insupportable, honnêtement. Elle fait des caprices et pleurniche tout le temps je la déteste!!! En plus c'est une harceleuse. Tu m'étonnes que ses parents l'aient abandonnée. J'aurais fait pareil. Sale conne.
Aussie Maunner
Très mignonne mais son personnage ne sert littéralement à rien.
Sophia Maria Grace Burrey
Mean girl de base, rien à dire de plus sur elle. Elle est trop chiante.
Thomas Finnegan
Le mec a 19 ans, vit toujours dans un internat et pécho une fille de seize ans qu'il connaît depuis qu'elle en a trois. Le creep originel. Je le hais.
Maxwell Settle
Lui aussi il est trop chiant.
Ethan Baine
Mon petit chéri mais ce personnage ne sert à RIEN.